Psy, c’est quoi ?
Psychologue, psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute… Quelles différences ?

Temps de lecture : moins de 5 minutes

Parmi tous les noms de professions que l’on croise dans le champ de la santé mentale, la psychologie, certains correspondent à des diplômes universitaires et à des titres protégés par la loi, mais pas tous.

Dans ce domaine encore trop peu réglementé, les pratiques sont très diversifiées et, d’une manière générale, les métiers psy sont mal connus du grand public, et fréquemment confondus.

Le psychologue

Définition du métier de psychologue

Le titre de psychologue est protégé par la loi depuis seulement 1985. Avant, n’importe qui pouvait se faire appeler « psychologue », sans le moindre diplôme. Aujourd’hui, il est interdit d’utiliser cette appellation au niveau professionnel si l’on ne remplit pas les conditions de détention du titre de psychologue :
– Avoir validé 5 ans d’études en Psychologie à l’université : une Licence de 3 ans, et un Master de 2 ans.
– Effectuer 500 heures de stage clinique (= de prise en charge de patients) durant la dernière année d’études.
– Avoir réussi l’examen de soutenance du rapport de stage, devant un jury composé d’universitaires et du tuteur de stage.

Chaque psychologue doit pouvoir prouver à ses patients ou clients qu’il dispose bien de son titre. Pour cela, il a l’obligation de s’enregistrer auprès de son Agence Régionale de Santé, qui vérifie ses diplômes, pour obtenir un numéro ADELI. Le psychologue peut par exemple indiquer ce numéro sur son site internet. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez le lui demander à n’importe quel moment, puisqu’il est obligatoire pour exercer.

Si vous avez l’impression qu’une personne se fait passer pour un psychologue, vous êtes en droit de porter plainte : l’usurpation du titre de psychologue est passible d’un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

Quelles sont les spécialités du psychologue ?

Tous les psychologues ne travaillent pas de la même manière. Certaines approches sont plus répandues et connues que d’autres : la psychanalyse, les TCC, la systémie, la psychologie du travail … En réalité, il existe presque autant de manières de travailler que de psychologues. Ces noms d’approche vous permettent surtout de vous repérer, et choisir un professionnel dont la méthode vous conviendrait.

Attention, les noms de ces approches ne sont pas protégés par des titres spécifiques. Ainsi, parmi les psychologues, n’importe lequel peut par exemple dire qu’il fait de la neuropsychologie. Il s’agit ici plus d’un éclairage sur la spécialité du professionnel.

On parle de psychologues cliniciens pour désigner ceux qui travaillent auprès de patients, contrairement par exemple à ceux qui ne font que de l’évaluation, de l’enseignement, ou de la recherche. Il existe aussi des psychologues du travail, qui parleront moins de « patients » pour les personnes qu’ils rencontrent. Pour les cliniciens, on entend aussi souvent le terme de psychopathologie, qui désigne les troubles psychologiques qui correspondent à un diagnostic, et pas seulement à un mal-être passager.

Vous pouvez lire plus de détails sur la manière de travailler d’un psychologue spécialisé en TCC, ou sur la psychométrie, qui concerne la passation de tests.

Actuellement, le statut juridique des psychologues est très précaire : ils n’existent pas dans le Code de la Santé Publique ; ils sont donc seulement une profession « assimilée » à la santé, ni médicale ni paramédicale ; ils ne disposent pas d’un Ordre des psychologues, et leur Code de Déontologie n’est pas protégé juridiquement. À moins de travailler en milieu hospitalier, ils ne sont donc pas protégés par un secret professionnel. Il existe des tentatives de remboursement des entretiens auprès de psychologues par la Sécurité sociale (dispositif « MonPsy Santé »), mais, dans ces conditions, elles sont dangereuses pour les patients et les professionnels, et donc boycottées par la plupart des psychologues.

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin : il a effectué 6 ans d’études du tronc commun de médecine générale, puis un internat en psychiatrie de 4 ou 5 ans. En tant que médecin, il s’agit actuellement du seul professionnel de santé mentale qui peut prescrire des médicaments et rédiger une ordonnance. C’est donc également le seul qui peut prendre la carte vitale aujourd’hui, et être remboursé par la Sécurité sociale.

Alors que le psychologue est spécialiste de la prise en charge de la souffrance psychique, par la psychothérapie, on peut considérer que le psychiatre a deux missions principales :
Poser un diagnostic. Même si le psychologue doit le plus souvent poser un diagnostic clinique lui-même pour pouvoir travailler, c’est juridiquement aux médecins que revient cette responsabilité. Cela s’explique notamment par le fait que seul le psychiatre est formé en médecine, et donc capable d’éliminer une explication biologique aux symptômes de la personne.
Prescrire un traitement. Recevoir un traitement médicamenteux n’est pas systématique, mais dans certains cas, cela peut être nécessaire ou utile. En psychiatrie, le traitement peut être un antidépresseur, un anxiolytique, un somnifère, un calmant, un antipsychotique …

Le psychiatre est davantage formé pour l’évaluation que pour le soin, notamment car ses entretiens sont généralement plus courts : autour de 20 minutes pour un psychiatre, contre 1 heure en moyenne chez un psychologue. Cela étant, de nombreux psychiatres, notamment ceux travaillant en libéral, font aussi de la thérapie, après avoir suivi une formation complémentaire (ex. : se former à une approche comme les TCC, ou à une technique comme l’EMDR ou l’hypnose).

Il peut être très intéressant pour un patient d’être suivi à la fois par un psychiatre et par un psychologue, pour bénéficier à la fois d’examens complémentaires et d’un traitement adapté lorsque c’est nécessaire, et d’entretiens de psychothérapie suffisamment longs et fréquents pour permettre une bonne prise en charge. Si vous le souhaitez, vous pouvez autoriser les professionnels qui vous suivent à s’échanger des informations vous concernant pour travailler en équipe ! On peut alors parler de secret professionnel partagé.

Le psychothérapeute

L’appellation de psychothérapeute est également un titre protégé par la loi, depuis seulement 2008. Il désigne les professionels formés à la prise en charge de la souffrance psychique par la thérapie. Pour l’obtenir, il faut avoir suivi au moins 400 heures de formation sur les pathologies psychologiques (la psychopathologie), et un stage clinique de 5 mois. Désormais, seuls les psychologues et les psychiatres peuvent demander l’obtention de ce titre. Vous pourrez donc rencontrer des psychologues – psychothérapeutes, et des psychiatres – psychothérapeutes.

Puisque ces conditions sont souvent remplies lors de leur formation initiale, la plupart des psychologues et des psychiatres obtiennent automatiquement le titre de psychothérapeute en finissant leurs études. En général, les psychologues qui ne sont pas psychothérapeutes sont ceux qui ne sont pas des cliniciens : des psychologues du travail, qui ne font pas de thérapie, ou des enseignants-chercheurs, qui ne rencontrent pas du tout de patients. Les psychiatres qui ne sont pas psychothérapeutes font généralement uniquement de l’évaluation et de la prescription.

Attention, la réservation du titre de psychothérapeute aux psychologues et psychiatres est assez récente. Il existe donc encore des professionnels « psychothérapeutes » qui ont suivi une formation de 400 heures et un stage de 5 mois, mais ne disposent pas des autres diplômes requis.

Le psychanalyste

Historiquement, la psychanalyse est la toute première approche ayant existé en psychologie. Pourtant, le terme de psychanalyste n’est pas un titre protégé. En théorie, n’importe qui peut donc utiliser cette appellation. En conséquence, il existe donc deux types de psychanalystes :

– Les psychologues – psychanalystes, et les psychiatres – psychanalystes. Ce sont des psychologues ou des psychiatres, qui précisent être psychanalystes pour expliquer que c’est l’approche qu’ils utilisent pour travailler. Ce sont donc des professionnels diplômés, qui ont choisi la méthode de la psychanalyse (dont l’efficacité n’est pour l’instant pas prouvée scientifiquement).

– Les personnes qui disent juste être « psychanalystes ». Faites attention : ces personnes ne disposent d’aucun diplôme reconnu par l’État. Un professionnel qui dispose d’un titre le précisera toujours. Un psychanalyste qui n’est pas psychologue ni psychiatre n’a aucune formation universitaire, même si certains ont fait des lectures, et réussi à s’inscrire dans de la formation continue. Évitez ces professionnels, qui ne disposent pas d’un numéro ADELI.

Il n’est pas forcément facile de savoir à l’avance quel type de professionnel vous conviendra le mieux, entre un psychologue – psychanalyste et un autre type de psychologue. Si vous en avez la possibilité, n’hésitez donc pas à rencontrer plusieurs professionnels avant de faire votre choix, pour voir ce qui vous convient le mieux !

Les autres « psycho-trucs »

Psychopraticien, thérapie psychodynamique, corporelle, énergétique, spirituelle, organique … Aucune de ces appellations n’est protégée par la loi et ne correspond à un diplôme reconnu par l’État. Ces méthodes ne sont pas appuyées scientifiquement, et n’ont pas fait la preuve de leur efficacité au-delà d’un éventuel effet placebo. Les « thérapies » qui n’utilisent pas le mot « psychothérapie » (protégé par le titre), et ne sont pas pratiquées par un psychologue ou un psychiatre, entrent dans la catégorie du charlatanisme. Les psycho-trucs sont un peu l’homéopathie du milieu pharmaceutique. La présence d’un des trois mots « psychothérapeute », « psychologue » ou « psychiatre » est obligatoire si vous souhaitez rencontrer un professionnel qui dispose d’un diplôme. Un hypnothérapeute qui n’est pas psychologue ou psychiatre à côté n’est jamais allé à l’université. Soyez donc très attentifs aux termes utilisés lorsque vous choisissez un professionnel.

De manière aléatoire, certaines de ces personnes sans formation peuvent effectivement vous aider à avancer, ou vous faire découvrir de nouvelles manières intéressantes de considérer votre parcours et vos expériences. Si vous choisissez de quand même consulter ce type de personnes, méfiez-vous principalement de ceux qui jouent sur les mots pour se faire passer pour des professionnels détenteurs d’un titre protégé. Dire que l’on est « thérapeute » et pas « psychothérapeute », parler de « thérapie psychologique », ou dire que l’on fait des thérapies cognitivo-comportementales sans préciser que l’on est psychologue, sont des stratagèmes trompeurs qui laissent penser à tort que la personne dispose d’un diplôme, mais sont malheureusement autorisés par la loi actuellement, alors qu’ils vous mettent en danger.

En d’autres termes, les titres de psychologue, psychiatre et psychothérapeute sont protégés par la loi et réservés aux personnes diplômées, mais l’exercice de la psychothérapie n’est pas protégé et réservé à ces seuls professionnels. En cas de doute, demandez au professionnel son numéro ADELI ou une copie de ses diplômes, et n’acceptez que des diplômes universitaires de Master 2 de psychologie ou de doctorat de médecine. Sans cela, passez votre chemin, ou envisagez de porter plainte pour usurpation de titre…

Vous savez maintenant faire la différence entre un psychologue et d’autres types de professionnels ! Même en sachant cela, il reste difficile de choisir son psychologue et de prendre un premier rendez-vous chez le psy. N’hésitez pas à prendre contact avec plusieurs personnes, demander plus d’informations, et essayer plusieurs psychothérapeutes avant de faire votre choix définitif.

Suggérer un thème d'article :

15 + 5 =

Être informé.e quand un nouvel article sort :

13 + 10 =

Proposer une modification de l'article :

12 + 9 =

Cet article a-t-il été utile pour vous ? Utile 👍 Pas particulièrement 👎 0 personnes ont trouvé cet article utile.