Psychologue, psychiatre, psychanalyste,
psychothérapeute, etc… : quelles différences ?

Parmi toutes les professions qui interviennent dans le champ de la santé mentale, certaines disposent de titres protégés par la loi, mais pas toutes.

Dans ce domaine encore peu réglementé, les pratiques sont très diversifiées et, d’une manière générale, les différentes professions sont mal connues du grand public, et fréquemment confondues.

Le psychologue

Psychologue est un titre protégé par la loi depuis seulement 1985 ! Avant, n’importe qui pouvait se dire psychologue, même sans jamais avoir fait d’études. Aujourd’hui, il est interdit d’utiliser ce titre au niveau professionnel si l’on ne remplit pas les conditions pour le porter : 5 ans d’études de Psychologie à l’Université (Licence + Master 2), et 500 heures de stage clinique (de prise en charge de patients) durant la dernière année. La capacité de l’étudiant à devenir psychologue est ensuite évaluée lors d’une soutenance par un jury composé d’universitaires et du tuteur de stage.

Chaque psychologue doit pouvoir prouver à ses patients qu’il dispose bien de son titre : grâce à son numéro ADELI, indiqué sur son site internet, et accordé par l’Agence Régionale de Santé après avoir vérifié ses diplômes.

Tous les psychologues ne travaillent pas de la même manière ! Aujourd’hui, les approches les plus répandues sont la neuropsychologie, les T.C.C., la psychanalyse, et la psychologie du travail, mais il en existe beaucoup d’autres ! Attention, les appellations de ces approches ne sont, elles, pas protégées par un titre. Cela signifie que quelqu’un pourrait vous dire faire de la « thérapie neuropsychologique » sans être psychologue, et en n’ayant suivi aucune formation particulière…

L’usage frauduleux du titre de psychologue est passible de jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.

On appelle psychologues « cliniciens » ceux qui travaillent auprès de patients, contrairement par exemple à ceux qui ne font que de l’évaluation, ou de l’enseignement et de la recherche.

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin : il a effectué les 6 ans d’études de médecine générale, puis un internat en psychiatrie de 4 ou 5 ans. C’est aujourd’hui le professionnel de la santé mentale qui suit les études les plus longues en France. En tant que médecin, c’est aussi le seul professionnel du milieu à pouvoir prescrire des médicaments.

Alors que le psychologue est spécialiste de la prise en charge de la souffrance par la thérapie, on peut considérer que le psychiatre a deux missions principales : poser un diagnostic (c’est à lui que revient cette responsabilité), et prescrire un traitement lorsque c’est nécessaire ou utile (antidépresseur, anxiolytique, somnifère, calmant, antipsychotique…).
Il est davantage formé pour l’évaluation que pour le soin, mais de nombreux psychiatres, notamment ceux travaillant en libéral, font de la thérapie : par manque de thérapeutes, par goût pour la prise en charge des patients… Ainsi, de nombreux psychiatres suivent des formations complémentaires en thérapie, par exemple en choisissant une approche clinique (T.C.C., psychanalyse…) ou une thérapie spécifique (EMDR, hypnose…).

Les entretiens auprès de psychiatres sont remboursés par la Sécurité Sociale, ce qui est un gros avantage financier, mais pour cette raison, les entretiens sont malheureusement assez courts : entre 20 et 30 minutes, contre 45 minutes/une heure chez un psychologue.

Il peut être très intéressant pour un patient d’être suivi à la fois par un thérapeute (psychologue, psychothérapeute, psychanalyste) et un médecin (psychiatre, le médecin généraliste), pour bénéficier à la fois d’un traitement adapté lorsque c’est nécessaire, et d’entretiens suffisamment longs pour la prise en charge. Si vous le souhaitez, vous pouvez autoriser les professionnels à s’échanger des informations pour travailler en équipe !

Le psychothérapeute

Psychothérapeute est également un titre protégé par la loi, bien que seulement depuis 2008. Il désigne les professionnels formés à la prise en charge par la thérapie de la souffrance psychique. Pour l’obtenir, il faut avoir suivi au moins 400 heures de formation sur les pathologies psychologiques (la psychopathologie), et un stage clinique de 5 mois.

Puisque ces conditions sont très souvent remplies lors de leur propre formation, la plupart des psychologues et des psychiatres obtiennent automatiquement le titre de psychothérapeute en finissant leurs études, mais il est aussi possible d’être psychothérapeute tout court.

Les psychothérapeutes sont moins formés aux « maladies » psychiatriques que les psychologues, mais peuvent tout de même être de très bon conseil. Ils sont aussi particulièrement à l’aise avec les situations difficiles qui ne rentrent pas dans le cadre d’un diagnostic : séparation, deuil, reconversion professionnelle, passage à la retraite, anxiété…

Le psychanalyste

La psychanalyse est la première et la plus ancienne des approches en psychologie, mais le terme de psychanalyste n’est malheureusement pas à ce jour un titre protégé par la loi. Si la plupart des professionnels utilisant cette appellation sont des psychologues, psychiatres ou psychothérapeutes (auquel cas, ils peuvent le préciser pour montrer qu’ils ont validé ces formations), d’autres peuvent s’en servir en n’ayant suivi aucune formation… Il est donc plutôt recommandé de rencontrer les psychanalystes de ces trois premières catégories.

Le cliché du psychanalyste silencieux vous faisant vous allonger sur un divan n’est aujourd’hui plus d’actualité pour la grande majorité de ces professionnels. C’est une approche très différente de la mienne (les T.C.C.), aussi, si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à rencontrer plusieurs professionnels avant de faire votre choix, pour voir ce qui vous convient le mieux !

Les autres appellations

Thérapie psychodynamique, corporelle, énergétique, psychédélique, spirituelle, organique… Aucune de ces appellations n’est protégée par la loi. Ces méthodes ne sont pas appuyées scientifiquement, et n’ont en général pas fait la preuve de leur efficacité au-delà d’un effet placebo.

Cela étant, certains professionnels peuvent vous aider à avancer même sans avoir fait d’études, et peuvent parfois être l’occasion de découvrir de nouvelles manières intéressantes de considérer votre parcours et vos expériences !

Méfiez-vous principalement de ceux qui jouent sur les mots pour se faire passer pour des professionnels titulaires d’un titre protégé (écrire « thérapeute cognitivo-comportemental » sans écrire « psychologue » devant, écrire « thérapie psychologique » pour ressembler à « psychothérapeute », etc…). Ces jeux sur les mots sont autorisés par la loi, bien que trompeurs.

Avant tout, faites votre choix en fonction des personnes avec lesquelles vous vous sentez à l’aise, et des méthodes qui vous paraissent vous correspondre ; la liberté est très importante !